
- Les différentes opérations
Deux types de réparation peuvent être réalisés :
Réparation avec prothèse (plaque)
La réparation avec prothèse, également appelée « plaque » ou « filet », constitue aujourd’hui la technique de référence pour le traitement des hernies de la paroi abdominale.
Cette prothèse synthétique permet de renforcer durablement la paroi abdominale et de diminuer le risque de récidive.

Réparation sans prothèse
Dans certains cas, une réparation directe sans prothèse peut être envisagée.
Cette technique expose toutefois à un risque de récidive plus élevé.
Cure de hernie par cœlioscopie
La cœlioscopie est une technique mini-invasive aujourd’hui largement utilisée pour la prise en charge des hernies de la paroi abdominale.
Elle permet généralement une diminution des douleurs postopératoires, une récupération plus rapide et une reprise plus précoce des activités quotidiennes.
L’intervention est réalisée sous anesthésie générale.
Trois petites incisions sont pratiquées sur l’abdomen afin d’introduire une caméra et des instruments chirurgicaux. La hernie est réintégrée dans l’abdomen puis une prothèse est mise en place afin de renforcer la paroi abdominale.
La prothèse est positionnée en profondeur, sous les muscles de l’abdomen, et n’est habituellement pas perceptible après l’intervention. Elle est conçue pour rester définitivement en place.
L’intervention dure généralement entre 30 minutes et 1 heure et est réalisée en ambulatoire dans la majorité des cas.
Cure de hernie par voie ouverte
L’intervention est réalisée sous anesthésie générale dans la majorité des cas.
Une incision est pratiquée directement au niveau de la hernie afin de permettre sa réintégration dans l’abdomen. Une prothèse est ensuite mise en place pour renforcer la paroi abdominale et limiter le risque de récidive.
Comme pour la cœlioscopie, cette prothèse est située sous les muscles de l’abdomen et reste définitivement en place.
La durée de l’intervention est généralement comprise entre 30 minutes et 1 heure.
Cette chirurgie est réalisée en ambulatoire dans la grande majorité des cas, permettant un retour à domicile le jour même.
- Définition globale d'une Hernie
Une hernie est due à un relâchement de la paroi musculaire de l’abdomen qui constitue un orifice laissant passer les organes de l’abdomen comme par exemple l’intestin ou le colon.
Une hernie se manifeste par un gonflement au niveau de cet orifice qui peut être situé au niveau abdominal (hernie ventrale) ou au niveau de l’aine (hernie inguinale ou crurale).
Une hernie peut survenir spontanément, ou bien après une intervention chirurgicale abdominale dans environ 20% des cas. Dans ce cas on l’appelle éventration.Conséquence et évolution d’une hernie
Une fois constituée, une hernie ne pourra qu’augmenter de taille avec le temps, selon une vitesse variable d’une personne à l’autre.
Dans tous les cas, une guérison naturelle n’existe pas et le traitement est chirurgical.Sans intervention, l’évolution naturelle est une gêne qui va augmenter avec le temps, pouvant devenir douloureuse, notamment lors de la station debout prolongée, l’activité sportive ou le port de charges lourdes…
Pourquoi faut-il opérer une hernie ? Une éventration ?
Une hernie ou une éventration ne guérit jamais sans intervention chirurgicale. Sans intervention, le risque d’une hernie est l’étranglement : le contenu de la hernie (intestin, colon) se coince à l’intérieur de celle ci et ne peut plus rentrer dans l’abdomen. L’étranglement se manifeste par une boule très douloureuse au niveau de la hernie, que l’on ne peut rentrer, responsable d’une occlusion intestinale.
Le contenu de la hernie va donc souffrir très rapidement d’un manque d’apport sanguin, entrainant une occlusion intestinale avec un risque de nécrose et de perforation intestinale en l’absence de traitement en urgence. En cas d’intervention en urgence, le risque de l’opération est plus important : risque de résection de l’intestin, risque de récidive car la réparation ne peut pas toujours être réalisée avec une plaque (prothèse). Les durées d’hospitalisation et de récupération sont aussi allongées.
Lors d’une intervention programmée, l’intervention est souvent réalisée par coelioscopie, et en ambulatoire, permettant un retour rapide aux activités quotidiennes.
Hernies ombilicales et de la ligne blanche
La hernie ombilicale se situe au niveau du nombril, aussi appelé ombilic. Chez l’adulte, elle est dûe à plusieurs causes qui peuvent favoriser son apparition : obésité, tabac, port de charges lourdes répétes, cirrhose du foie, bronchite chronique...La hernie de la ligne blanche est située au milieu de l’abdomen, en général au dessus de l’ombilic. Ses causes sont les mêmes que celles de la hernie ombilicale.
La hernie de Spiegel est plus rare, située sur le coté de l’abdomen, dans le flanc.
Comme pour toute hernie, une intervention chirurgicale est nécessaire pour les traiter. Selon la taille, la localisation et les antécédents chirurgicaux de l’abdomen, plusieurs interventions sont possibles. Les alternatives à l’intervention sont : ne pas traiter l’éventration, avec possibilité de porter une ceinture de contention abdominale, qui ne préviendra pas l’augmentation de taille de l’éventration , mais simplement un meilleur confort.
Dans tous les cas, avant une cure de hernie ventrale ou d’éventration, il est recommandé : une perte de poids en cas d’obésité, un arrêt du tabac 1 mois avant l’opération, sous peine de favoriser une infection ou une récidive de l’éventration.
- Le parcours de soins
Consultation
Le patient est adressé au chirurgien par son médecin traitant ou un autre spécialiste. Il est important d’amener en consultation l’ensemble des courriers et des examens réalisés, mêmes anciens.
Au terme de la consultation, le chirurgien explique au patient sa pathologie, et les différentes possibilités de traitement.
L’ensemble de la stratégie de prise en charge est expliqué en détail : le principe, les risques et complications potentielles d’une intervention sont expliqués également.Le chirurgien remet au patient les examens préopératoires éventuels à réaliser : prise de sang, consultation anesthésique...
Au terme de la consultation, le chirurgien remet au patient une fiche d’information de la SFCD (Société Française de Chirurgie Digestive) et un consentement éclairé à signer.Hospitalisation
Selon les cas, l’intervention est réalisée en ambulatoire ou lors d’une courte hospitalisation. Il est impératif d’avoir apporté l’ensemble du dossier médical pour l’intervention, ainsi que la fiche de consentement à l’intervention signée. Lors de l’admission à la clinique, le patient est installé, puis préparé pour le bloc opératoire où il sera accueilli par les équipes d’anesthésie et de chirurgie.
Intervention chirurgicale
L’intervention dure entre trente minutes et une heure. Il s’agit d’une intervention sans risque vital. Les incisions sont refermées à l’aide d’un fil résorbable et de la colle biologique cutanée ou un pansement autorisant la douche
Période postopératoire
Après quelques heures en salle de réveil, le patient est transféré dans sa chambre. Boissons et alimentation sont reprises le jour de l’intervention, tout comme le lever et la marche. Une fois la visite postopératoire réalisée par le chirurgien et le médecin anesthésiste, le patient pris en charge en ambulatoire peut rentrer à domicile, avec un accompagnant.
Lors des premiers jours postopératoires, le patient peut ressentir une gêne au niveau de la zone opérée, ce qui est normal.
Cette intervention est assez peu douloureuse avec la coelioscopie. En cas d’abord classique, l’ensemble de l’équipe médicale et paramédicale est à l’écoute pour la gestion optimale de la douleur postopératoire (perfusions, pompe antidouleur, etc.).Une ceinture de contention abdominale est nécessaire en cas d'éventration traitée par abord direct.
Retour à domicile et consignes postopératoires
Le patient est autorisé à quitter le service d’hospitalisation après validation par le chirurgien.
En quittant le service, l’infirmière transmettra au patient :
- Les papiers administratifs de sortie,
- le compte-rendu d’hospitalisation et le compte-rendu opératoire,
- les modalités d’un traitement antalgique,
- un arrêt de travail, d’une durée de 1 à 6 semaines selon les cas,
- un bon de transport si nécessaire,
- un rendez-vous de consultation postopératoire et les consignes à suivre.
Consultation postopératoire
La consultation postopératoire permet de s’assurer de l’absence d’anomalie suite à l’opération et vérifier la bonne cicatrisation des plaies et la solidité de la réparation. Elle est réalisée environ 4 semaines après l’intervention.
Au moindre problème postopératoire, il est nécessaire de consulter plus tôt le chirurgien (ou le service des urgences) sans hésiter, afin qu’une éventuelle complication soit détectée et traitée rapidement
- Suites opératoires
Elles sont en général simples.
La cicatrice
En cas de coelioscopie ou d'abord direct, on utilise un fil résorbable passant sous la peau (non visible). La plaie est protégée par de la colle biologique cutanée ou un pansement autorisant la douche dans les deux cas.
La douche est autorisée dès le premier jour postopératoire avec pansement, mais le bain est contre-indiqué jusqu’à la consultation avec le chirurgien, soit 2 semaines minimum.
Activités sportives, port de charges lourdes
Pendant la convalescence, les activités quotidiennes sont autorisées (marcher, faire ses courses, conduire une voiture, rouler à vélo). Une activité sportive soutenue pourra être reprise environ 4 à 6 semaines après l’intervention, de manière progressive sur 1 à 2 semaines. Le port de charges lourdes doit être évité pendant cette même période. Classiquement on limite le port de charges lourdes à 8-10 kg maximum (1 « pack » d’eau).
- Risques et complications potentielles
Les risques sont faibles et dépendent de plusieurs facteurs: liés l’ancienneté et au volume de la hernie, ou liés au patient (traitement par aspirine, anticoagulants, obésité, tabagisme, cirrhose de foie). Certains risques sont communs à tout acte chirurgical abdominal: hémorragie ou infection (moins de 0.5%), plaie d’un viscère (vessie, intestin, vaisseaux), conversion de la coelioscopie en chirurgie classique ouverte.
D’autres risques sont plus spécifiques à la chirurgie des hernies :
- Plaie d’un organe à proximité de la hernie / de l’éventration,
- séromes (petite boule de liquide sous la peau) ou ecchymose (« bleus ») pouvant se situer au niveau de la cicatrice, et diffuser sous la peau (5 à 10 % des cas),
- infections de la prothèse pouvant nécessiter une réintervention pour ablation (moins de 1% des cas),
- ileus : retard à la reprise du transit intestinal (10% des cas),
- douleurs séquellaires, moins fréquentes après coelioscopie (2% des cas),
- récidive de la hernie (2% des cas) ou de l’éventration (10% des cas).
- Liens utiles
> Fiche d'information - Hernies ventrales
> Cure de hernie ou d’éventration post-opératoire de la paroi abdominale antérieure, par cœlioscopie
> Complications postopératoires
> Lignes directrices pour le traitement laparoscopique