Fistule anale par laser

 

Qu’est-ce qu’une fistule anale ?

La fistule anale est une communication anormale entre le canal anal et la peau autour de l’anus.

Elle survient le plus souvent à la suite d’un abcès anal, qui correspond à une infection d’une glande située dans le canal anal.

Après drainage de l’abcès, un petit trajet peut persister entre l’intérieur du canal anal et la peau : c’est la fistule.

Ces glandes du canal anal sont présentes chez tout le monde. La survenue d'une fistule augmente entre 30 et 50 ans avec une prédominance masculine.

 

Quels sont les symptômes ?

Les signes les plus fréquents sont :

  • Écoulement chronique de pus au niveau de la peau

  • Petit orifice cutané près de l’anus

  • Douleurs intermittentes, surtout en cas de surinfection

  • Sensation de gêne ou d’humidité permanente

  • Parfois récidive d’abcès

L’évolution est souvent chronique, avec des périodes d’amélioration et de rechute.

Le traitement est toujours chirurgical

L’objectif du traitement est double :

  • Traiter l'infection

  • Préserver les sphincters anaux pour éviter toute incontinence

C’est ce second point qui guide aujourd’hui le choix des techniques modernes.

Les techniques classiques

  • La fistulotomie (mise à plat de la fistule) lorsqu'elle est superficielle. C'est le meilleur traitement mais il ne doit pas entrainer un risque d'incontinence.

    Son efficacité en terme de traitement définitif est de l'ordre de 90%.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • La mise en place de séton ou élastique (drain) : lorsque le trajet de fistule est situé profondément les sphincters de l'anus, on procède d'abord au drainage de la fistule en repérant l'orifice interne (ou primaire) jusqu'à l'orifice externe (ou secondaire). 

    • On ne procède pas à une fistulotomie. 

    • Le drain est conservé pendant plusieurs semaines voire mois avant de réintervenir pour traiter la fistule sous-jacente. Il est souvent très bien toléré car il soulage les douleurs. 

     

 

 

 

 

Le traitement par laser : une technique mini-invasive

Après drainage de la fistule et amélioration de l'inflammation locale, on procède au traitement de la fistule. 

Afin d'éviter une lésion irréversible des sphincters (fistulotomie contre indiquée), on propose un traitement par laser. Cette intervention n'est jamais réalisée en urgence, ou au stade d'abcès.

 

Principes : 

Une fibre laser est introduite dans le trajet fistuleux.

L’énergie délivrée permet de :

  • Détruire le tissu inflammatoire

  • Fermer progressivement le trajet de l’intérieur

Les avantages du laser

  • Technique mini-invasive

  • Préservation du sphincter anal

  • Très faible risque d’incontinence

  • Suites simples et peu douloureuses

  • Reprise rapide des activités

  • Réalisation en hospitalisation ambulatoire

Les limites du traitement

Comme toute technique, le laser présente certaines limites :

  • Taux de récidive d'environ 50%

  • Nécessité parfois de plusieurs interventions

  • Indication dépendant du type de fistule et la localisation par rapport aux sphincters

Une évaluation précise est donc indispensable avant de proposer cette technique.

Parcours de soins

Consultation

Le patient est adressé au chirurgien par son médecin traitant sauf en cas d'urgence où la prise en charge passe par les le service d'accueil des urgences directement.

Après explication de la pathologie le chirurgien remet au patient une fiche d’information et un consentement éclairé à signer avant l'intervention

Hospitalisation ambulatoire 

Intervention chirurgicale 

L’intervention est réalisée au bloc opératoire sous anesthésie générale et dure environ 20 minutes.

Période postopératoire 

Après une à deux heures en salle de réveil, le patient est transféré dans sa chambre. Boissons et alimentation sont reprises le jour de l’intervention, tout comme le lever et la marche. Une fois la visite postopératoire réalisée par le chirurgien, le patient rentre à domicile, avec un accompagnant.

Retour à domicile 

Le patient est autorisé à quitter le service d’hospitalisation après validation par le chirurgien.

En quittant le service, l’infirmière transmettra au patient :

  • Les papiers administratifs de sortie,
  • le compte-rendu d’hospitalisation et le compte-rendu opératoire,
  • les modalités d’un traitement antalgique,
  • un arrêt de travail,
  • un bon de transport si nécessaire,
  • un rendez-vous de consultation postopératoire et les consignes à suivre.

Consultation postopératoire

La consultation postopératoire est réalisée environ 4 semaines après l'intervention et permet de s’assurer de l’absence d’anomalie suite à l’opération et vérifier l'efficacité du traitement sur les douleurs.

Au moindre problème postopératoire, il est nécessaire de contacter le chirurgien afin qu’une éventuelle complication soit détectée et traitée rapidement.

Risques - complications
  • Infection : la survenue est souvent un signe d'échec du traitement
  • Récidive : selon les techniques chirurgicales, le taux de récidive se situe autour de 50% pour les techniques conservatrices. En cas de fistulotomie, le taux de récidive chute.