Thyroïde

Le but de cette page est de vous permettre d’avoir les informations concernant votre intervention. Votre cas personnel peut ne pas y être parfaitement représenté. N’hésitez pas à interroger votre praticien pour toute information complémentaire. Ces informations complètent et ne se substituent pas à l’information spécifique qui vous a été délivrée par celui-ci. Cette fiche n’est pas exhaustive en ce qui concerne les risques exceptionnels.

Définition de la thyroïde

ThyroïdeLa glande thyroïde est une glande mesurant quelques centimètres, située dans la région du cou. Elle est constituée de deux lobes (droit et gauche) réunis par une partie centrale (isthme). Elle est située à proximité d’autres organes notamment la trachée, l’oesophage, les glandes parathyroïdes, et les nerfs laryngés qui contrôlent les cordes vocales.

La fonction de la thyroïde est de sécréter les hormones thyroïdiennes. Ces hormones interviennent dans la régulation du coeur, de l’intestin, dans la production de chaleur, ainsi que dans la transformation des graisses et des sucres.

Il est possible de retirer une partie ou la totalité de la thyroïde, à condition de remplacer les hormones qu’elle produit par un médicament (comprimés ou gouttes).
Il existe des maladies où la production d’hormone est trop faible (hypothyroïdie), d’autres ou la production est trop importante (hyperthyroïdie). Des nodules peuvent aussi exister, sans que le fonctionnement de la glande ne soit modifié.

Les maladies de la thyroïde

Les affections thyroïdiennes sont très fréquentes, touchant 40% des femmes adultes, et 10 % des hommes. La majorité de ces anomalies ne nécessite qu’une simple surveillance. Dans certains cas, un traitement médical ou chirurgical peut-être nécessaire. Les anomalies pouvant relever d’une intervention chirurgicale sont les suivantes :

Hyperthyroidies

La maladie de Basedow :
Il s’agit une maladie auto-immune qui peut-être opérée dans certains cas : si elle a résisté au traitement médical, ou bien en cas de rechute après arrêt des médicaments, en cas de désir de grossesse, ou si la thyroïde est très volumineuse (goitre). L’intervention consistera à enlever la totalité de la thyroïde. L’hyperthyroïdie sera guérie dans 99% des cas, mais il sera nécessaire de prendre un traitement hormonal thyroïdien à vie. La chirurgie ne fera pas toujours disparaître complètement les problèmes oculaires (exophtalmie) qui peuvent exister dans le cadre de cette maladie.
Nodule toxique :
Il s’agit d’une hyperthyroïdie due à l’augmentation du fonctionnement d’une petite partie de la thyroïde appelée « nodule chaud ». Dans ces cas, il est possible de ne retirer qu’une partie de la glande (la moitié droite ou gauche selon la localisation du nodule), ce qui permet de ne pas être obligé de prendre un traitement hormonal thyroïdien. En règle général le nodule est unique, mais parfois la thyroïde peut contenir plusieurs nodules obligeant le chirurgien à réaliser une ablation de la totalité de la thyroïde.

Nodules froids

Les nodules thyroïdiens « froids » sont très fréquents. Il s’agit de nodules uniques sans que le fonctionnement de la thyroïde soit modifié. En fonction de leur taille et de leur caractéristiques en échographie, votre médecin endocrinologue ou votre chirurgien proposera, en suivant les recommandations scientifiques, plusieurs attitudes : surveillance, ponction, ou chirurgie. Dans la plupart des cas, ces nodules doivent être opérés car il n’existe aucun traitement pour les faire régresser, et surtout certains d’entre eux sont – ou deviendront- des cancers de la thyroïde (25%).

L’intervention en cas de nodule unique, consiste à retirer le côté malade de la thyroïde puis à l’examiner au microscope. Si le nodule est bénin, aucun geste supplémentaire ne sera effectué. Si un cancer est découvert, il faudra alors retirer toute la thyroïde et parfois prélever les ganglions lymphatiques qui l’entourent (curage). Dans certains cas, un traitement complémentaire par Iode radioactif un mois plus tard, en gélule (IRA-Thérapie) peut être nécessaire.
Ce type de cancer « papillaire » guérit dans pratiquement 100% des cas si il est pris en charge précocement. Une surveillance sera effectuée régulièrement après l’opération. D’autres types de cancer de la thyroïde existent, mais qui sont extrêmement rares, et dont le traitement est différent.

Goitre

Un goitre correspond à une augmentation de la taille de la thyroïde, avec souvent des nodules associés. Sans traitement, les goitres vont augmenter de taille et risquent de comprimer les organes voisins en provoquant des troubles respiratoires ou de la voix (déviation ou rétrécissement de la trachée et des nerfs laryngés), ou une gêne à la déglutition (par compression de l’oesophage). Le risque de cancer est beaucoup plus faible que dans les nodules isolés (15%). Après l’intervention qui consiste à retirer la totalité de la thyroïde, un traitement à vie par les hormones thyroïdiennes est nécessaire.
Les différentes opérations de la thyroïde

Lorsque la pathologie thyroïdienne est limitée à un seul lobe (droit ou gauche), une ablation de ce lobe (lobectomie) est réalisée. Si la maladie atteint toute la glande, la totalité de la thyroïde doit être retirée (thyroïdectomie totale).

Le parcours de soins

Consultation

Le patient est adressé au chirurgien par son médecin traitant ou par un médecin endocrinologue, spécialiste des maladies des glandes endocrines. Il est important d’amener en consultation l’ensemble des courriers et des examens réalisés, mêmes anciens.
Au terme de la consultation, le chirurgien explique au patient sa maladie, et les différentes possibilités de traitement : surveillance, ponction, ou chirurgie. L’ensemble de la stratégie de prise en charge est expliqué en détail : le principe, les risques et complications potentielles d’une intervention sont expliqués également.
Le chirurgien remet au patient les examens préopératoires à réaliser : échographie, prise de sang, scintigraphie, consultation anesthésique…

Hospitalisation

L’hospitalisation est réalisée la veille ou le matin de l’intervention. Il est impératif d’avoir apporté l’ensemble du dossier médical pour l’intervention, ainsi que la fiche de consentement à l’intervention signée. L’intervention peut être réalisée en ambulatoire dans certains cas précis. Lors de l’admission à la clinique, le patient est installé, puis préparé pour le bloc opératoire où il sera accueilli par les équipes d’anesthésie et de chirurgie.

Intervention chirurgicale

L’intervention se déroule sous anesthésie générale, dure environ une à deux heures.
Il s’agit d’une intervention sans risque vital important. Selon l’appréciation du chirurgien, il est possible qu’un ou deux drains postopératoires soient mis en place en fin d’intervention. La plaie opératoire est refermée à l’aide d’un fil résorbable.

Période postopératoire

Après quelques heures en salle de réveil, le patient est transféré dans sa chambre.
Boissons et alimentation sont reprises le jour de l’intervention, tout comme le lever et la marche.

Lors des premiers jours postopératoires, le patient ressent une sensation d’engourdissement de la gorge, avec une gêne pour avaler, ce qui est normal. Cette intervention est peu douloureuse, et l’ensemble de l’équipe médicale et paramédicale est à l’écoute pour la gestion optimale de la douleur postopératoire. Les éventuels drains sont retirés au premier ou deuxième jour. Le traitement hormonal (si nécessaire) est débuté dès le premier jour postopératoire.

Retour à domicile

Le patient est autorisé à quitter le service d’hospitalisation au 1er ou 2ème jour postopératoire après validation par le chirurgien. Dans certains cas, l’intervention peut être faite en ambulatoire.
En quittant le service, l’infirmière transmettra au patient :

  • Les papiers administratifs de sortie,
  • le compte-rendu d’hospitalisation et le compte-rendu opératoire,
  • les modalités d’un traitement antalgique et hormonal éventuel,
  • un arrêt de travail d’une durée de 2 à 3 semaines selon les cas,
  • un bon de transport si nécessaire,
  • un rendez-vous de consultation postopératoire et les consignes à suivre.

Consultation postopératoire

La consultation postopératoire permet de s’assurer de l’absence d’anomalie suite à l’opération. Elle est réalisée environ 3 semaines après l’intervention. Au moindre problème postopératoire, il est nécessaire de consulter plus tôt le chirurgien. Une fois la période postopératoire passée, une surveillance par le médecin traitant ou l’endocrinologue est indispensable (suivi hormonal par prise de sang notamment).
Lors de cette consultation, le résultat de l’analyse définitive de la thyroïde est communiqué au patient.

Suites opératoires

Elles sont en général très simples.

La cicatrice

La cicatrice mesure entre 4 et 8 cm. Elle est fréquemment gonflée lors des premiers jours postopératoires, et restera visible quelques semaines, puis va progressivement s’atténuer, jusqu’à devenir quasi-invisible au bout de quelques mois. Une crème cicatrisante peut être prescrite par le chirurgien pour accélérer la cicatrisation en réalisant de petits massages doux à partir du 10ème jour postopératoire.

Il convient de porter un foulard puis un écran total pour éviter toute exposition de la cicatrice au soleil lors de la première année après l’opération. Dans de très rares cas, une cicatrice hypertrophique dite « chéloïde » peut survenir et nécessitera une prise en charge.

Gêne cervicale

Pendant la convalescence (jusqu’à 1 mois), une gêne pour avaler ou une voix un peu enrouée sont fréquemment rencontrés. Ces phénomènes ne durent que quelques semaines tout au plus.

Risques et complications potentielles

Les risques de l’intervention sont très faibles et dépendent de plusieurs facteurs: liés la pathologie opérée (les risques sont accrus en cas de réintervention, d’hyperthyroïdie ou de cancer étendu), ou liés au patient (traitement par aspirine, anticoagulants)
Certains risques sont communs à tout acte chirurgical : hémorragie ou infection (moins de 0.5%)
D'autres risques sont plus spécifiques à la chirurgie de la thyroïde :

  • Hématome compressif du cou :
    Une poche de sang se créé au niveau de l’intervention, imposant une réintervention en urgence (moins de 1%)
  • Troubles de la voix :
    Même si ils sont rares, des troubles de la voix peuvent survenir après une thyroïdectomie du fait de la présence des nerfs vocaux (nerfs laryngés récurrents et nerfs laryngés supérieurs) qui sont au contact de la thyroïde. Le larynx ou les nerfs laryngés peuvent être irrités après l’intervention.

    Si une modification de la voix survient après l’intervention, ceci ne sera généralement que transitoire. Parfois, il est peut être nécessaire de faire quelques séances de rééducation de la voix auprès d’un orthophoniste, permettant la disparition de ces troubles en quelques semaines. Les troubles graves et définitifs sont exceptionnels (moins de 1%). En cas d’altération vocale marquée, un examen laryngoscopie est demandé à la recherche de la paralysie d’une corde vocale.

    Occasionnellement, lorsqu'il y a un cancer étendu, le nerf récurrent est détruit, car envahi par le cancer. Dans ces cas, la perte du nerf est inévitable si on veut enlever complètement la tumeur. En cas d’atteinte du nerf récurrent, une gêne respiratoire ou des troubles de la déglutition (fausses routes alimentaires), peuvent coexister avec les troubles de la voix. Tous ces troubles régressent en même temps dans la plupart des cas. Les paralysies touchant les deux nerfs récurrents droit et gauche sont exceptionnelles (moins de 1 pour 1000 interventions).

    Au total les risques existent, mais ils sont très faibles et les complications définitives ne se rencontrent que chez moins de 2% des patients opérés. Même lorsqu’elles ne récupèrent pas ces complications sont toujours soignables.
  • Baisse du calcium dans le sang (« hypocalcémie ») :
    Parfois, en cas de thyroïdectomie totale, il peut se produire une baisse du taux de calcium dans le sang (hypocalcémie). Elle peut entraîner des fourmillements autour de la bouche, dans les mains et les pieds. Généralement, tout rentre dans l’ordre en quelques jours ou en quelques semaines, spontanément ou après administration transitoire de calcium et de vitamine D par voie orale. Ce n’est que dans environ 1% des cas que du calcium devra être prescrit à vie. Ceci est dû au fait que des petites glandes parathyroïdes (au nombre de quatre, accolées thyroïde), doivent transitoirement récupérer de la dissection minutieuse que fera le chirurgien pour les préserver (en cas d’impossibilité anatomique de dissection, le chirurgien pourra même aller jusqu'à vous les transplanter dans un muscle du cou).

Le traitement par hormones thyroïdiennes

Si l’intervention ne peut que sur un seul coté de la glande thyroïde, le patient n’a pas besoin de traitement hormonal dans la grande majorité des cas. La thyroïde restante suffit pour produire les hormones thyroïdiennes.
En revanche, en cas de thyroïdectomie totale, un traitement à vie est nécessaire.

Le traitement par hormones thyroïdiennes est prescrit le plus généralement sous forme de petits comprimés. Il doit être pris quotidiennement, tous les matins, à jeun si possible. L’oubli très occasionnel d’une dose n’est pas grave (ne pas prendre une double dose le lendemain) car la durée d’action de l’hormone est d’une semaine, mais il faut veiller à prendre le traitement quotidiennement.

Le dosage du médicament est variable selon chaque patient, c’est pourquoi la phase d’équilibre du traitement (entre 50 et 250 microgramme / jour selon les cas) peut prendre quelques semaines avant d’être parfaitement stabilisé. Le contrôle du bon dosage se fera au départ toutes les 3 semaines par un dosage de la TSH (prise de sang), puis une fois stabilisé, le contrôle de la TSH sera réalisé une à deux fois par an, toute la vie.

A la fin de l’année 2017, un laboratoire pharmaceutique a changé la formule d’un médicament hormonal thyroïdien très souvent prescrit. Certains patients ont été sujets à certains troubles dus à un changement de la disponibilité du médicament dans le corps (passage en hypothyroïdie ou hyperthyroïdie). Ces cas existent, mais ne sont pas la règle, et d’autres alternatives thérapeutiques sont actuellement disponibles.

Liens utiles

> Société Française d’Endocrinologie, SFE
> Société Française de Chirurgie Endocrinienne, SFCE
> Médicaments disponibles
> Fiche d’information pour les patients