Cancer de l'oesophage

Le but de cette page est de vous permettre d’avoir les informations concernant votre intervention. Votre cas personnel peut ne pas y être parfaitement représenté. N’hésitez pas à interroger votre praticien pour toute information complémentaire. Ces informations complètent et ne se substituent pas à l’information spécifique qui vous a été délivrée par celui-ci. Cette fiche n’est pas exhaustive en ce qui concerne les risques exceptionnels.

Définition de l’œsophage

OesophageL’œsophage est un organe du tube digestif. Il relie la bouche à l’estomac. Cet organe va donc être en transit dans plusieurs parties de l’organisme. Il commence au niveau du cou (œsophage cervical), puis passe dans le thorax (œsophage thoracique), et se termine dans l’abdomen pour s’aboucher dans l’estomac (œsophage abdominal). Cet organe permet d’avaler puis de faire progresser les aliments vers l’estomac puis l’intestin. Il mesure environ 25 cm de long et 2,5 cm de diamètre.

Le cancer de l’oesophage

Le cancer de l’œsophage est une maladie se développant à partir des cellules qui constituent le revêtement de la paroi oesophagienne.

On compte environ 4500 nouveaux cas de cancer de l’œsophage en France, par an, et touche plus fréquemment les hommes que les femmes.

Deux principaux types de cancers existent, dont le traitement est différent :

  • L’adénocarcinome : touche plutôt la partie inférieure de l’œsophage (appelée cardia), et est en relation avec la maladie de reflux gastro-oesophagien. Sa fréquence augmente depuis quelques décennies.
  • Le carcinome épidermoïde de l’oesophage : se développe plutôt dans la partie moyenne et supérieure de l’œsophage, et est plutôt en relation avec la consommation de tabac et d’alcool. Sa fréquence est en diminution.

Les facteurs de risques qui augmentent le risque de survenue d’un cancer oesophagien sont :

  • le tabac
  • l’alcool
  • le reflux gastrooesophagien chronique et l’œsophage de Barret (adénocarcinome)
  • le surpoids et l’obésité  == > lien calcul IMC

Les symptômes possibles

Le plus souvent, le cancer de l’œsophage est suspecté devant certains signes cliniques :

  • dysphagie (difficultés à avaler) +/ douloureuse
  • régurgitations
  • vomissements
  • amaigrissement
  • asthénie (fatigue importante)
  • haleine fétide
  • contexte de consommation chronique d’alcool et/ou tabac
  • contexte de reflux gastrooesophagien ancien

Le diagnostic et le bilan de la maladie

Les examens à réaliser sont :

  • Examen clinique par un médecin / chirurgien
  • Une endoscopie oesogastro-duodénale : il s’agit d’un petit tube souple permettant de visualiser avec une caméra l’intérieur de l’œsophage et de réaliser des prélèvements (biopsies) pour analyse microscopique.

Une fois le diagnostic de cancer confirmé, le médecin référent  annonce le diagnostic, et la stratégie de traitement qu’il convient de mettre en place, qui peut être variable selon le stade de la maladie.

Dans tous les cas, le type de traitement proposé est validé lors d’une réunion entre médecins spécialistes (gastro-entérologues, chirurgiens, cancérologues, radiologues) appelée RCP, se basant sur des recommandations nationales. Il vous sera remis un programme personnalisé de soins par votre médecin référent. Une fois le projet de traitement établi, un PPS (Programme Personnalisé de Soins) vous sera remis.

Le bilan minimum avant tout traitement comportera :

  • un scanner du cou, de l’abdomen et du thorax
  • une prise de sang (bilan biologique)
  • une endoscopie

Dans certains cas d’autres examens pourront être demandés : PET-scan, scintigraphie, échographie cardiaque, examen ORL, coelioscopie exploratrice, etc.

Une fois le bilan complet, la stratégie de traitement est décidée en RCP. En cas de décision de chirurgie, le patient est alors adressé auprès du chirurgien pour réalisation d’une oesophagectomie (ablation partielle ou totale de l’œsophage).

Les traitements du cancer de l’œsophage

Ils dépendent du bilan initial réalisé qui permet de classer le cancer en plusieurs stade :

  • En cas de cancer superficiel précoce : un traitement endoscopique (sans chirurgie) peut être proposé. En cas d’impossibilité, une chirurgie sera réalisée.
  • En cas de cancer localisé : la chirurgie est le traitement de référence. Elle peut être proposée d’emblée, ou bien être encadrée par une chimiothérapie, ou une association radiothérapiechimiothérapie.
  • En cas de cancer avancé localement, une association radiothérapiechimiothérapie est proposée, puis une chirurgie. Dans certains cas, seule la radio-chimiothérapie peu être réalisée.
  • En cas de cancer avec métastases, la chimiothérapie est le traitement de référence. En cas de difficultés à avaler, une prothèse oesophagienne ou une radiothérapie peuvent être mises en place.

Les différentes opérations : Oesophagectomie

Plusieurs types d’oesophagectomie existent.

L’intervention est toujours réalisée sous anesthésie générale. La chirurgie de l’œsophage est réalisée soit par chirurgie ouverte, soit par coelioscopie (chirurgie mini-invasive à l’aide de caméra). L’avantage de cette technique mini-invasive est la diminution des douleurs, le retour plus rapide aux activités quotidiennes et est équivalente que la voie ouverte sur le traitement du cancer.

Du fait de la situation de l’œsophage qui transit dans plusieurs parties de l’organisme, l’intervention est souvent réalisée par plusieurs voies d’abord, nécessitant plusieurs cicatrices : abdominale, thoracique, et/ou cervicale

Une oesophagectomie dure plusieurs heures.

Oeso-gastrectomie polaire (intervention de Lewis-Santy)

L’intervention est réalisée sous anesthésie générale, dure 3h environ. L’intervention consiste à retirer la moitié inférieure de l’œsophage et la partie supérieure de l’estomac. Elle est réalisée en cas de cancer de la partie basse de l’œsophage.  Une fois l’exérèse réalisée, une suture entre l’estomac et l’œsophage et réalisée. Cette intervention comprend 2 temps : le premier temps abdominal (coelioscopie ou laparotomie), puis un temps thoracique (ouverture entre les cotes, du coté droit, ou thoracoscopie). C’est l’intervention la plus fréquemment réalisée.

Oesophagectomie totale

L’intervention est réalisée sous anesthésie générale, dure 4h environ. L’opération consiste à retirer la totalité de l’œsophage puis à rebrancher la partie toute supérieure de l’œsophage cervical, à l’estomac  en réalisant une suture. Cette intervention nécessite donc trois voies d’abord : abdominale, thoracique, et cervicale.

Autres interventions

Il est également possible de réaliser d’autres types d’oesohagectomie, plus rarement :

  • oesophagectomie subtotale
  • oesophagectomie avec coloplastie, etc…

Le parcours de soins

Consultation

Le patient est adressé au chirurgien par son médecin traitant ou son gastro-entérologue. Il est important d’amener en consultation l’ensemble des courriers et des examens réalisés, mêmes anciens.

Au terme de la consultation, le chirurgien explique au patient sa pathologie, et les différentes possibilités de traitement. L’ensemble de la stratégie de prise en charge est expliqué en détail : le principe, les risques et complications potentielles d’une intervention sont expliqués également.

Le chirurgien remet au patient les examens préopératoires éventuels à réaliser : prise de sang, consultation anesthésique, consultation cardiologique, échographie, scanner, IRM…

Avant l'intervention

Afin de préparer au mieux l’intervention et diminuer le risque de complication postopératoire, une préparation doit être réalisée :

  • Evaluation nutritionnelle et prescription de compléments nutritionnels
  • Kinésithérapie respiratoire
  • Arrêt du tabac et de l’alcool
  • Consultation avec une infirmière spécialisée en réhabilitation précoce (RRAC)

Hospitalisation

L’intervention est réalisée en hospitalisation conventionnelle. Durant les premiers jours postopératoires, le patient est dans un service de soins intensifs. Au total, la durée d’hospitalisation est d’une quinzaine de jours.

Il est impératif d’avoir apporté l’ensemble du dossier médical pour l’intervention, ainsi que la fiche de  consentement à l’intervention signée. Lors de l’admission à la clinique, le patient est installé, puis préparé pour le bloc opératoire où il sera accueilli par les équipes d’anesthésie et de chirurgie.

Intervention chirurgicale

L’intervention dure plusieurs heures. Plusieurs cathéters seront installés pendant l’intervention : péridurale thoracique, sonde vésicale, drain thoracique, drain abdominal, sonde gastrique. Ces cathéters seront retirés progressivement dans la période postopératoire.

Une fois retiré, l’œsophage est envoyé en analyse histologique (analyse au microscope). La plaie opératoire est refermée à l’aide d’agrafes.

Période postopératoire

La chirurgie actuelle de l’oesophage est réalisée de façon à favoriser une récupération rapide après chirurgie, grâce  divers protocole de réhabilitation : Après quelques heures en salle de réveil, le patient est transféré dans sa chambre. Le lever et la marche sont reprises progressivement dès le lendemain de l’intervention. Sonde urinaire et perfusion sont enlevés rapidement. Un scanner de contrôle sera réalisé dans les premiers jours postopératoires avant réalimentation progressive. Lors des premiers jours postopératoires, le patient peut ressentir une gêne ou douleur au niveau de la zone opérée, ce qui est normal. L’ensemble de l’équipe médicale et paramédicale est à l’écoute pour la gestion optimale de la douleur postopératoire. Le patient sera suivi plusieurs fois par jour par le chirurgien, l’anesthésiste, une diététicienne, un kinésithérapeute et l’équipe d’infirmières et d’aides-soignantes.

Retour à domicile et consignes postopératoires

Le patient est autorisé à quitter le service d’hospitalisation après validation par le chirurgien.

En quittant le service, l’infirmière transmettra au patient :

  • Les papiers administratifs de sortie,
  • le compte-rendu d’hospitalisation et le compte-rendu opératoire,
  • l’ordonnance de médicaments et soins infirmiers,
  • un arrêt de travail, d’une durée de 3 à 4  semaines,
  • un bon de transport si nécessaire,
  • un rendez-vous de consultation postopératoire et les consignes à suivre.

Consultation postopératoire

La consultation postopératoire permet de s’assurer de l’absence d’anomalie suite à l’intervention et vérifier la bonne cicatrisation. L’analyse microscopique de l’oesophage sera aussi communiquée au patient. Elle est réalisée environ 2 semaines après l’intervention. Au moindre problème postopératoire, il est nécessaire de consulter plus tôt le chirurgien (ou le service des urgences).

Suites opératoires

La chirurgie oesophagienne est une intervention majeure. Des complications peuvent survenir dans environ 30% des cas.

La cicatrice :
En cas de coelioscopie, un fil résorbable passant sous la peau (non visible) est utilisé. En cas d’abord classique, la cicatrice mesure 10 à 15 cm environ. La plaie est habituellement fermée avec des agrafes.

La douche est autorisée dès le premier jour postopératoire, mais le bain est contre-indiqué jusqu’à la consultation avec le chirurgien, soit 2 semaines minimum. Une crème cicatrisante peut être prescrite par le chirurgien pour accélérer la cicatrisation en réalisant de petits massages doux à partir du 10ème jour postopératoire. Dans de très rares cas, une cicatrice hypertrophique dite « chéloïde » peut survenir et nécessitera une prise en charge.

Activités quotidiennes :
Pendant la convalescence (jusqu’à 6 à 8 semaines), les activités quotidiennes sont autorisées (marcher, faire ses courses, conduire une voiture, rouler à vélo).

Alimentation et transit intestinal :
Après l’opération, l’alimentation est reprise après vérification de l’absence de complication par scanner et radiographie de transit oesophagien. La reprise est progressive.

Ensuit, l’alimentation est habituellement lisse et fractionnée ( 4 à 6 repas / jour), du fait de la réduction du volume de l’estomac et de l’œsophage.

Risques et complications potentielles

Les risques sont de 30% environ, et dépendent de plusieurs facteurs: la maladie, et le patient (traitement par aspirine, anticoagulants, corticoïdes, obésité, tabac, alcool, dénutrition, maladie pulmonaire…).

Certains risques sont communs à tout acte chirurgical abdominal: hémorragie ou infection, plaie d’un organe, conversion de la coelioscopie en chirurgie classique ouverte.

Après l’intervention, des complications précoces peuvent survenir :

  • Fistule : défaut de cicatrisation entre les deux parties suturées. Le risque est la survenue d’un abcès dont le traitement nécessite une nouvelle intervention, la pose d’une prothèse oesophagienne, ou d’un drain en radiologie.
  • Infection pulmonaire
  • Hémorragie
  • Troubles de la vidange de l’estomac
  • Phlébite, embolie pulmonaire ; formation d’un caillot sanguin dans les veines ou les poumons même malgré l’utilisation de précautions (bas de contention, injection d’héparine)

Parfois, des complications à distance, plusieurs semaines après la chirurgie, peuvent survenir :

  • difficultés alimentaires (dysphagie)
  • reflux gastro-oesophagien
  • diarrhées (rares)

Après l'intervention

Une fois l’intervention réalisée, une analyse microscopique de l’œsophage retiré est réalisée. Selon les résultats, une surveillance et un suivi sont proposés. Dans certains cas, un traitement complémentaire peut-être nécessaire (chimiothérapie).

L’ensemble de l ‘équipe de centre de chirurgie viscérale Drôme-Ardèche est votre disposition pour tout information complémentaire.

Liens utiles

> Le cancer de l’œsophage : points clés